Mon baptême du feu violet
Saison 2014-2015

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Cela faisait quelques saisons déjà que je suivais les matchs des Violets au Cosec puis au CSI. Abonné en tribune encore la saison dernière, je vivais « d'en haut » l'ambiance tambourinante des supporters, les vrais !
Qu'est-ce qui m'a fait descendre dans l'arène ?
Un an plus tôt, proposition de déplacement à Dijon, l'idée m'a séduite, le programme du jour aussi, comprenant une petite déambulation dans la cité des Ducs de Bourgogne l'après-midi précédant le match. Jamais visitée auparavant, la capitale de la moutarde m'attirait.
Et puis, le maintien assuré, cette rencontre revêtait un caractère festif, sans pression.
Rendez-vous sur le parking du CSI ce matin-là, le grand bus des joueurs à notre disposition, je saluais mes compagnons de voyage pour la première fois. Des jeunes, quelques bien moins jeunes et la cohorte majoritaire de « ceux qui balancent entre deux âges », comme les appelait Brassens, mais, pour continuer à le paraphraser, « le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est bon, on est bon ! ». 
J'avais la certitude que cette joyeuse bande hétéroclite, unis par un similaire groupe sanguin, violet positif, n'avait rien à voir avec les hordes agressives des hooligans abreuvés de bière, de haine de l'adversaire et probablement d'un mal être qui , cela va de soit, n'excuse rien.
L'efficacité de l'organisation de ce déplacement, Edith à la baguette, me séduisit. J'y entrevoyais déjà le sérieux et l'expérience de l'association.
Donc, très loin de déferler en conquérants sanguinaires dans les rues de Dijon, avec cependant quelques manifestations d'appartenance à un clan, fleuron de notre région sur le plan handballistique, la visite, les petites emplettes souvenirs, les séances photos et arrêts en brasserie furent plus qu'agréable.
Match sympa, on gagne, la fête pour Arnaud Freppel, en partance pour Strasbourg, et retour, gentiment arrosé dans le bus.
Edith me parle alors de l'assemblée générale...
Et je découvris , pour la première fois, en cette de fin du mois de juin, ce lieu d'accueil convivial et chaleureux, par la grâce d'Yvette et Jean-Pierre, nos vignerons attachés au club et incarnant la générosité même, dans leur domaine à Blienschwiller.
Je savais déjà, en partant ce matin-là de Strasbourg, que je reviendrai avec ma carte d’adhérent, même si j'étais très curieux de suivre le déroulement de cette AG.
Mais ma décision était prise et, à défaut de notre salon, j'avais décidé de meubler un peu ma retraite. 
La partie formelle de cette séance m'a conforté dans ma décision, sérieuse et méticuleuse dans les interventions du président, de la secrétaire et du trésorier. La présence de M. Momper, son allocution et sa volonté d'associer les supporters à la réussite du club ont été appuyées par son affirmation, sincère et emplie d'optimisme : « Jamais Sélestat n'aura eu une équipe aussi forte que pour la saison à venir ! »...
S'en est suivie toute la partie informelle, barbecue, conversations joyeuses, les blagues plus ou moins centrées par rapport à la ceinture, vin frais et agréable, Jean-Luc Le Gall, entraîneur, en invité sympa, et une forme de béatitude céleste, bonnes vacances et à septembre.
De retour à Strasbourg, je dis à Fabienne, presque fièrement: «Ça y est, je fais partie des supporters ! ». Réponse : « Ça gagne bien ? ».
Fabienne, comme le chantait Renaud, c'est celle avec qui je partage mon cassoulet tous les jours, sauf que parfois c'est raviolis ! On partage bien d'autres choses aussi, mais je n'entrerai pas ici dans les détails de la sphère privée. Elle m'a accompagné, en tribunes, lors des deux saisons précédentes. Descendre dans la fosse aux lions a été très difficile pour elle. Elle possède une forme de timidité et de réserve qui l'honore, n'a pas eu la chance de connaître le milieu associatif et a souvent hésité à m'accompagner aux matchs. Merci à celles et ceux qui l'ont accueillie et l'ont aidée à apprivoiser cette initiation un peu angoissante.

Quelques mots sur cette nouvelle association que j'allais découvrir, je n'y reviendrai plus ensuite. Comme pour toute assemblée, communauté ou autre groupement, il se crée des affinités et des inimitiés, les Violets ne dérogent pas à la règle générale, bien entendu. Microcosme à l'image de la société. Cependant, le sens de l'adhésion induit la nécessité de comprendre l'intérêt général des violets, des joueurs, et de l'image du club. Nous avons envie d'accueillir les meilleurs équipes hexagonales, avec leurs stars planétaires. S'en prendre aux arbitres, de façon systématique, avant même le coup d'envoi, tout en étant en totale contradiction avec la charte du supporter, sera automatiquement contre-productif. Il est vrai que la limite entre simple manifestation de mécontentement, légitime, et les insultes, parfois racistes, n'est pas la même pour tous. Nous n'avons pas été relégués par la faute des arbitres !!! Le débat sur le niveau de l'arbitrage en France concerne tous les clubs, la professionnalisation des maîtres du jeu n'est pas encore sur les rails. Voilà, je me calme, et j'entame le début de cette saison, descente en pente inéluctable, sur le plan sportif.
Question quasi existentielle au départ, quel accoutrement vestimentaire vais-je adopter pour mon « intégration » ? Un t-shirt de la boutique officielle ? Un maillot de joueur, floqué Claude 55 (mon année de naissance) ? Impossible, mon abdomen, plus rebondi chaque jour qu'un ballon de hand, me ramenait inexorablement à un passé de plus en plus lointain ou, moi aussi, je gambadais sur les parquets. Et oui, j'ai fais mes classes dans les équipes de jeunes du côté de Freyming-Merlebach, club fondé comme bien souvent à l'époque par notre prof de sport, salut Marcel, longtemps bastion des équipes du bassin houiller lorrain. Mes potes de jeu étaient polaks, ritals ou bougnoules, pas de problème d'intégration, de couleur de peau ou de religion en ces temps bénis.
Je vous parle d'un temps... Eh oui, les maillots de l'équipe étaient numérotés de 1 à 7 pour les titulaires, deux ou trois supplémentaires pour d'éventuels remplaçants. Mais on jouait plus souvent à 6, ou moins. Pas mal de matchs « outdoor » aussi. Parfois on déblayait la neige du terrain de l'école locale ou de l'annexe au stade de foot. Et on jouait, les doigts gelés, sans colle, qu'est-ce que c'était bien !
J'ai poursuivi mon parcours dans ce sport que j'aime tant dès mon arrivée en Alsace en 1975. C'était l'époque de la grande équipe d'Altkirch . L'équipe de France était encore très loin de briller sur la scène internationale. J'ai signé à Wintzenheim, à côté de Colmar. En équipe réserve qui évoluait à l'époque en Xième division départementale, qui, contrairement à ce que ce niveau semble évoquer, n'avait rien de Hard !
Nos déplacements les plus exotiques s'appelaient Neuf-Brisach ou Rouffach . Le plus périlleux, c'était sur les hauteurs de Labaroche, non pas en raison de la force de l'adversaire, mais pour la dangerosité des routes enneigées en hiver !
Donc, j’optais dans un premier temps pour un polo vaguement violet, acheté à la foire européenne à Strasbourg, « pisseux » m'a dit Jean-Claude. A ma décharge, je suis totalement daltonien, incapable de discerner les cerises gouttes de sang au milieu d'un feuillage d'un vert éclatant.
Je suis obligé, à ce stade de mon récit, d'évoquer Jean-Claude, dit « Ciggy ». Président que je porte dans mon c?ur. Difficile d'imaginer tout son investissement pour le club depuis tant d'années. Je me permettrais simplement de saluer son engagement, sa justesse de jugement, sa capacité à présider notre association, sans complaisance, avec en permanence, en ligne de mire, l'intérêt général. Salut Président, merci Monsieur Neubrand.
J'ai fini par trouver une chemise violette, XXL, dans un supermarché strasbourgeois, 15 euros !

Avant de vous narrer cette saison, un petit cours de grosse caisse spécial supporters s'impose. L'intérêt essentiel de cette leçon, facile, est qu'elle est transposable dans n'importe quel club de supporters en France. En clair, même si vous trahissez Sélestat, vous pourrez faire profiter une autre équipe de votre savoir-faire.
Les symboles utilisés dans ce cours sont très simples, appliqués à la grosse caisse, ça fait : Poum !
Attaque et entrée des joueurs : Poum Poum Poum Poum ...sans temps fort, répété jusqu'à ce que l'arbitre siffle, au rythme de la basse de la prétendue musique qui jaillit d'un véhicule passant devant votre fenêtre.
Les variantes, attention, c'est plus subtil !
En attaque, pour commencer. « Alleeeez Séles'tat' » Poum poum poum !
Les gosiers sont mis à contribution lors de cette incantation.
Plus simple : « Sélestat ! » Poum poum poum !
N'oubliez pas le Poum poum poum poum … toujours pratique lorsque l'on est en manque d'inspiration.
La défense... 
On reste dans le binaire, musicalement parlant, mais, deux modes restent incontournables :
« Défense' » Poum poum poum, « Défense' » Poum poum poum...
Et, celui qui aura ma préférence, le Poum poum poum poum, Poum poum poum poum...
Temps fort sur le premier, on accélère le tempo, et on arrête ensemble parce qu'on vient de prendre un but !

Septembre 2014, début de saison. Les quelques matchs de préparation avaient laissé un sentiment général plutôt négatif, performances individuelles et cohésion d'ensemble n'étaient pas (encore?) au niveau attendu. Faut laisser le temps à la mayonnaise de prendre...Dans son numéro de rentrée, le magazine Hand Action titrait « Sélestat a-t-il recruté malin ? », on connaît la suite. Dans ce même article, Jean-Luc, notre entraîneur, ajoutait : « J'espère beaucoup plus que le maintien, notre équipe est meilleure cette saison. » Je laisse à chacun le soin d'apprécier cette affirmation pour le moins optimiste. 
Afin de décrire la chronologie de ma première saison de supporter, j'ai choisi d'associer, pour chaque adversaire, le match aller au match retour, c'est intéressant au moins d'un simple point de vue statistique.

Autant parler tout de suite de la parenthèse enchantée de janvier, mondial au Qatar, des Bleus qui dominent le monde. J'en profite également pour remercier, lors des retransmissions télévisées, les accueils généreux et chaleureux que nous ont offert Pierrette et Albert, pour la demie-finale, et d'Angélique et Ludo pour la finale.
Départ pour Créteil le 10 septembre, le premier match de la saison est toujours important, c'est l'excitation de la rentrée des classes, teintée d'espérance et d'anxiété mêlées. J'étais personnellement heureux de pouvoir y retrouver mon fils parisien, supporter violet de circonstance, Créteil n'étant pas sa tasse de thé. J'arrivais même à lui distiller un peu de ma confiance, tu vas voir fiston, cette année, on est bon ! Hélas, le temps est loin déjà où, comme l'écrivait Hugo : « Mon père, ce héros au regard si doux... ». Au fil du match, je descelais dans le sien une indicible tristesse de me voir descendre un peu plus de mon piédestal...
Moins 10 et 41 buts encaissés, glacial ! La valise prise d'entrée a plombé sérieusement l'ambiance du voyage retour, les bouteilles sont restées dans le coffre, chacun tentant d'atténuer le choc par un sommeil difficile à trouver dans un bus inconfortable. Avec cette pensée en tête, sous forme d'auto-dérision, que si Sélestat vise bien plus que le maintien, Créteil doit viser le titre !
Match retour au CSI, la semaine dernière. Moins 2, mais petit baroud d'honneur quand même, sans enjeu, avec sur le terrain un temps de jeu conséquent donné à ceux qui défendront nos couleurs en Pro D2 l'an prochain.
Première à domicile, le 17 septembre face à ceux qui deviendront nos compagnons d'infortune tout au long de la saison, Istres. Plus 5, après avoir mené plus largement , un premier constat qui allait devenir de plus en plus récurent, on ne tient pas la distance. Au retour, le 27 mai, dans une générosité poussée à l’extrême, nos joueurs leur offrent un plus 6, qui, au regard du goal-average particulier, nous aurait permis de finir à la dernière place en cas d'égalité.
Montpellier le 24 septembre . Ma famille, parents, frère et s?ur, a migré depuis deux ou trois décennies déjà du côté de la capitale languedocienne. Et mon frangin s'est longtemps investi aux côtés du MAHB en tant que joueur, entraîneur ou homme à tout faire. Un traître, en quelque sorte !
Assis aux côtés de Fabienne, du félon familial et de son épouse dans les travées de la légendaire salle Bougnol, non loin des sympathiques Blue-Fox, j'étais préparé psychologiquement à subir la loi implacable des protégés de Patrice Canayer. Et, surprise, une très belle première mi-temps des nôtres me permettait de me relever de ma prostration fataliste initiale en acceptant les compliments sincères du frangin. Je me surprenais même à hurler des « Allez Sélestat », tout seul, en agitant mon petit drapeau, profitant des très courts instants où la fanfare montpellieraine arrivait au bout de sa partition.
L'éclat est arrivé très vite à la reprise, j'ai machinalement replié mon étendard, sous les yeux compatissants de mon hôte. Famille, je te hais !
Il m'a néanmoins présenté à certains Blue Fox, ravis d'apprendre que nous serions à Mannheim, à leurs côtés, quelques jours plus tard face aux Rhein Neckar Löwen. Je me réjouissais aussi de ce déplacement, satisfait de pouvoir encourager de temps en temps une équipe qui ne se prend une torchée que très rarement. Raté hélas, bienvenue à la SAP Aréna, merci et au revoir.
Match retour au CSI contre Montpellier le 18 février. Moins 6 face à une équipe fatiguée par le mondial, sans Matthieu Grébille, on reste à notre niveau, pas plus compliqué que ça. C'était le match de rentrée à domicile et la première apparition dans notre salle du nouvel entraîneur, Christian Gaudin. Je ne reviendrai pas ici sur les commentaires qui ont déferlé après ce changement, et surtout sur une prise de fonction à trois jours du cycle retour.
Réception de Cesson le premier octobre. C'est, on pouvait le croire encore, une équipe à notre portée, leurs ambitions se situant au même niveau que les nôtres, le fameux « bien plus que le maintien » ! Avec toutefois une petite réserve qui allait se confirmer, le début de saison des visiteurs était impressionnant. Moins 8 ! Maquarel ! La buvette va faire faillite si ça continue. Et paradoxe de ce début de saison, Richard dans les buts et Snorri en distributeur font exploser leurs statistiques personnelles. Le match retour à Cesson, en plein marchés de Noël chez nous, le 17 décembre, nous console un peu, plus 4 ! S'agit-il là d'une nouvelle version de la nativité ? Celle d'une équipe enfin éclose ? Il faudra attendre février, c'est la pause hivernale.
Journée 5, le 8 octobre. On reçoit Chambé, franchement jouable à ce moment là, avec un début de saison plus que difficile, l'absence depuis l'Eurotournoi de Timothée N'Guessan, gravement blessé. Souvenez-vous, on était encore à plus 5 à 12 minutes du coup de sifflet final. Moins 2 à l'arrivée. Voilà vraiment un match, depuis le début, où on a perdu les deux points. Avec ce fameux dernier quart d'heure à bout de souffle, cruellement représentatif de l'ensemble de la saison.
Le match retour au Phare que j'aime tant, pour la reprise début février, ne sera qu'une simple formalité pour les Savoyards, sur leur magnifique parquet en bois et deux associations de supporters à l'unisson de leur équipe.
Déplacement de l'équipe à Nîmes le 15 octobre et jolie surprise venue du Gard, plus 6 pour Sélestat.
Je ne me souviens plus trop pourquoi nous n'avions pas fait le déplacement, Fabienne et moi. Peut-être trop rapproché d'un précédent séjour familial dans le sud.
Match retour le 6 mai dernier, l'un des pires de l'année à domicile, moins 7 au score et certains joueurs qui, manifestement, « n'en ont plus rien à cirer » ! Ce n'est rien de moins qu'une insulte à leur métier, leurs employeurs, le public, les supporters et d'une manière plus générale à l'image d'un sportif de haut niveau.
Le 22 octobre, on reçoit Dunkerque, champion en titre qui a un peu de mal à retrouver la bonne carburation en ce début de saison. Mais les coéquipiers de Mokrani restent solides, tiennent le match de bout en bout et s'imposent en toute logique, plus 3. Il paraît que nous n'avons pas été ridicules dans le nord, au match retour, moins 5 tout de même et seulement 19 buts inscrits du côté des violets.
Match aller à Saint-Raphaël le 5 novembre. J'ai proposé à Fabienne d'aller faire un peu de tourisme du côté de la Côte d'Azur. Sauf que, début novembre, la saison touristique, voire l'arrière-saison, c'est fini. Une météo venteuse, grise et fraîche nous imposa la petite laine, voire le parapluie pour nous approcher des rivages méditerranéens, peu accueillant ce jour-là. Tant pis, on va allez se faire un petit resto, mais là aussi, morte saison, congés annuels, on a fini au buffet de la gare ! Fin d'après-midi dans notre chambre d'hôtel avant de rejoindre le palais des sports, assez belle salle.
Je croise Jojo à l'échauffement, qui m'explique qu'ils sont restés bloqués la veille à Paris, en raison d'une grève à l'aéroport de Nice. Donc, arrivée en catastrophe très peu de temps avant le match dans la cité varoise. Je ne suis tout de même pas certains que c'est grâce à ces circonstances, certes désavantageuses pour nous, que Saint Raphaël a réussi à se qualifier pour la ligue des champions de la prochaine saison ! Plus 9 pour eux, violets inexistants.
Match retour chez nous le 4 mars, on résiste un peu mais la puissance de feu des joueurs de Da Silva, Caucheteux, Di Panda et Abily en tête, ne nous permet pas de rivaliser. Moins 4.
Pays d'Aix chez nous le 12 novembre. Une véritable occasion gâchée pour prendre des points. Ce match était à notre portée, on a mené mais, rengaine désormais habituelle, on ne tient pas la distance. Pourtant, les coéquipiers de Luka Karabatik étaient prenables, concurrents directs pour le maintien de surcroît. Dommage...
Nous étions 5 courageux à faire le déplacement pour le match retour. Autant dire que nous étions confortablement installés dans le minibus du club, prêté par la grâce du Président, merci Vincent.
Jean-Claude, Edith, Éveline, Christian et moi. Un peu de tourisme du côté de Cavaillon, et la visite de la Chapelle Notre-Dame de Beauregard, la bien nommée. Il faut avouer que nos tentatives d'allumage de cierges furent plutôt vaines et, finalement totalement infructueuses au vu du résultat, moins 6. Avec cependant un Sélestat cité dans les médias et remarqué à la télé puisqu'on a encaissé ce soir-là le plus beau but de l'année en LNH.
Je garderais pourtant un bon souvenir de cette escapade, marqué par une promenade en ville après le match et un bon petit repas dans une brasserie du Cour Mirabeau, artère la plus célèbre de la ville aux multiples fontaines. Je partageais ma chambre d'hôtel avec Christian et , détail cocasse, avons branché chacun de notre côté notre masque nocturne, efficace contre les apnées du sommeil !
Parenthèse maintenant sous forme de question. On devrait demander un jour à tous les fondus de hand de tous les clubs, quelle aura été leur équipe préférée cette saison, excepté bien sûr le club qu'ils supportent . J’imagine qu'une majorité de réponses, bien sûr, se porteraient sur Montpellier ou le PSG. Probablement aussi un nombre de voix plutôt conséquent pour Chambé, St Raph, voire Dunkerque. Nantes ? Non, pas Nantes ! Allez, faites votre choix, le mien est fait pour cette saison. 
Mon équipe préférée c'est Tremblay, ils ont une belle tenue jaune, en entraîneur charismatique voire christique en la personne de David Christmann, des joueurs qui ne s'entendent pas mais ne se la pètent pas non plus, une salle façon hall de gare, un public hésitant, une buvette qui ferme dès le coup de sifflet final, rien que de très sympathique. Vous semblez surpris, vous avez raison. Ma préférence est d'un tout autre ordre, Tremblay étant la seule équipe que nous ayons battue deux fois cette saison, je les adooore !!!
Plus deux pour nous à l’aller dans leur salle, le 19 novembre, au bout d'un match épique, ou on finit à 4 sur le terrain à quelques secondes de la fin. Le retour en bus, cette fois fut plus joyeux, les bouteilles ont réapparu entre les sièges et nos courbatures, de retour à Sélestat, semblaient plus légères . On gagne au retour, le 1er avril, d'un petit but, mais deuxième victoire à domicile de la saison, ça ne se refuse pas.
Toulouse à la maison le 26 novembre. Curieusement devenue concurrent direct pour le maintien, par la faute d'un début de saison mal entamé, l'équipe à Fernand était prenable. Troisième match donc où, sans conteste, les deux points étaient à notre portée. Mais toujours ces dernières minutes que l'on n'aura jamais su gérer correctement. J'en profite pour évoquer un point qui m'agace dans les commentaires ou conversations d'après-match. La fameuse théorie du complot appliquée à la LNH : « C'est sûr que la Ligue préfère Toulouse à Sélestat, ils font tout pour qu'on descende... ».
S'il est vrai, et finalement normal, que les médias braquent leurs projecteurs sur les équipes phares de notre championnat, encore une fois, nous n'avons pas été relégués par la faute des dirigeants nationaux, des médias et de la qualité de l'arbitrage. Le match retour, dans la cité des Violettes, ça ne s'invente pas, le 13 mai, ne revêtait plus aucun enjeu, notre sort ayant été définitivement scellé. Bon match des nôtres paraît-il cependant, moins deux à la clé, pas trop mal.
Nantes, chez eux le 3 décembre, pas de commentaires, moins 7 au final, on n'attendait vraiment pas grand chose de ce déplacement. Match retour le 20 mai au CSI, belle rencontre, on a manifesté notre soutien habituel aux violets et chambré un peu quelques personnages parfois « borderline » de notre famille hexagonale, Thierry Anti et Jorge Maqueda. Moins 1 à l'arrivée, pas de regret, on a vu de jolies choses, et d'un point de vu tout à fait personnel, l'un des meilleurs matchs de notre équipe à Sélestat.
Et pour finir, cette saison, en tout seigneur tout honneur, le PSG. 
Match aller le 12 décembre au Rhénus. Pour une fois, Fabienne et moi jouions vraiment à domicile. Nous avons sincèrement été désolés d'apprendre que le bus des supporters fut bloqué pendant près de deux heures dans un embouteillage monstre aux abords de Strasbourg. Bienvenue un vendredi soir de décembre dans la capitale des marchés de Noël, qui plus est assorti d'un accident de la route du côté de Brumath qui a fait boule neige ! Je pense à celles et ceux, ayant un peu arrosé l'avant-match dans le bus, qui se sont retrouvés coincés dans l'habitacle avec une envie pressante, sans pouvoir se soulager, compassion sincère et salut Ludo, entre autres. La balade parisienne prenait des airs de fête, Titi aux anges, le public du Rhénus plus curieux de voir en vrai la bande de stars que d'encourager de pauvres violets (moins 14) s'offrait un cadeau de Noël avant l'heure.
Retour à Coubertin le 8 avril. J'y retrouvais mon fils, profitant du même coup de son anniversaire. Je crois qu'il penchait plus pour les futurs champions de France à ce moment-là, malgré quelques doutes cependant. Je n'osais plus du tout lui avancer quelques arguments pro-violets, humilité totale de ma part, à la limite de l'auto-flagellation. C'était avant les quarts de finale de la ligue des champions contre Veszprem pour les parisiens et il était certain que Gardent allait donner un peu plus de temps de jeu à ceux qui en avaient besoin, tout en préservant certains cadres. C'est ainsi qu'Olivier, mon fils, découvrit un gardien « il est très bon » m'a-t-il dit, Patrice Annonay, Titi n'ayant pas joué la moindre seconde. Paris a fait le boulot en un petit quart d'heure, avant les rotations prévues, parfois surprenantes. Le retour de Dougui, Gunnarrsonn à l'aile et l'entrée des jeunes pousses du centre de formation. Seul Hansen, mais il évolue sur une autre planète, a joué tout le match. Moins 10 au final. Bon, j'ai entraperçu la Tour Eiffel, profité un peu de mon petit-fils, et retour en Alsace.

Voilà, j'en arrive au bout de mon récit. J'évoquerais aussi, l'invitation sympathique qui m'a été faite lors de la dernière réunion du comité, merci encore à Edith et Jean-Claude.
Et ce pot, c'était hier soir, pour remercier et honorer les partants, Jojo, Kevin, Djordje, Stevan et Laszlo. Leurs petites allocutions, dans un français pourtant difficile pour certains d'entre eux, ont été très émouvantes. Une pensée particulière pour notre capitaine-courage, à l'initiative de ce moment convivial. Bobo, merci pour ton abnégation tout au long de la saison, merci de rester chez nous, t'es un chic type.
Merci à mes nouveaux amis supporters, je ne les nommerais pas, par crainte d'en oublier certains.
Et vivement la saison prochaine, Prod2, qu'importe, nous aurons, je n'en doute pas, des regards scrutant les étoiles, celles du haut du classement.
Bonnes vacances à tous !

Claude Ritz